Le contrôle de la violence dans les écoles... par Darcos...

Publié le par être parent tout simplement

Le traitement contesté de la violence à l'école Article paru dans l'édition du 17.06.09 du monde.fr
Les solutions de M. Darcos critiquées par les professionnels et bien vues par les Français





omme presque tous les ministres de l'éducation depuis 1990, Xavier Darcos a été conduit à annoncer, le 9 juin 2009, « son » plan d'action contre la violence. Celui-ci se décline sur « trois axes » : « former et responsabiliser, prévenir, dissuader ». Tout avait commencé par l'agression au couteau, le 15 mai dernier, d'une professeure de mathématiques par un élève de 5e, âgé de 13 ans, au collège François-Mitterrand de Fenouillet (Haute-Garonne). Grièvement blessée, l'enseignante a subi plusieurs opérations, suivies de deux semaines d'hospitalisation. Son agresseur a été placé début juin en centre éducatif fermé.

CONTRÔLER LES CARTABLES

Les dernières statistiques de l'éducation nationale, issues du Sivis (système d'information et de vigilance sur la sécurité scolaire) ne montrent « pas de montée significative » des incidents avec arme. Mais le ministre n'a pas voulu laisser cet incident grave sans réponse. Sur place le jour même, M. Darcos avait envisagé l'installation de portiques de détection de métaux devant « certains » établissements. Le 21 mai, devant la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP), il évoquait aussi un droit donné aux personnels de contrôler les cartables, avec l'appui éventuel « d'équipes mobiles » placées sous l'autorité des recteurs. Des propositions reprises le 28 mai par Nicolas Sarkozy, qui a affiché comme objectif la « sanctuarisation » des établissements scolaires.

Ce concept, déjà utilisé par François Bayrou en 1993, est contesté par les spécialistes, car il suggère que l'essentiel de la violence viendrait de l'extérieur. Le « plan d'action » prévoit d'abord différentes mesures de « formation à l'exercice de l'autorité » pour les personnels. Des portiques seront installés « lorsque le diagnostic local en fera apparaître la nécessité ». Une « habilitation spéciale » permettra à la direction et à l'encadrement des établissements de faire ouvrir les sacs et les cartables. Enfin, les « équipes mobiles » regrouperont 20 à 50 personnes par académie.

A quelques exceptions près, comme celle du Snalc (environ 10 % des professeurs des lycées et collèges), ces mesures ont été froidement accueillies par les professionnels de l'éducation. « Dans la lutte contre la violence scolaire, il faut se méfier des effets de manches », a déclaré Philippe Tournier, secrétaire général du syndicat national des personnels de direction de l'éducation, contestant notamment l'efficacité des portiques, que « la moindre boucle de ceinture fait sonner ». Consolation pour M. Darcos : un sondage OpinionWay publié le 29 mai donnait 64 % des Français favorables à la fouille d'élèves suspects et 81 % à l'installation de portiques.

Luc Cédelle

Publié dans REVUE DE PRESSE

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