Edifiant et décourangeant les annonces du ministre de l'éducation...

Publié le par être parent tout simplement

sanctions.jpgMes commentaires : Une fois de plus, c'est un effet d'annonce à la veille de la rentrée scolaire que nous propose le ministre de l'éducation, Luc Chatel. Pourquoi toujours partir de ce phénomène médiatique alors même que des professionnels de terrain sont là, au quotidien et eux, savent de quoi ils parlent... Cette fois-ci, on nous évoque "procédure disciplinaire" à ACTE = ACTION !!, bref, que du neuf !!! Mais on rêve... on rêverait plutôt en effet à des moyens de personnels qui permettraient d'être dans le dialogue, d'être là AVANT les actes, d'être là auprès des familles, de pouvoir prendre le temps de rencontrer les professionnels spécialisés ou formés pour (prévention spécialisée, services des conseils généraux, services de la santé mentale...). Car finalement on se retrouve comme toujours avec une réponse à l'acte au sens premier degré sans chercher les causes, les réalités, les contextes... Les collèges, les lycées, pour beaucoup d'entre eux, il y a savoir-faire mais ce qui leur manque, c'est le travail avec les autres partenaires, c'est le temps et surtout mettre en place des temps d'observation pour tous ces jeunes qui cumulent : passage à l'adolescence, décrochage scolaire, marginalité pour certains, attirance par le phénomène de groupe, et finalement la seule et unique réponse que Monsieur le ministre propose : "c'est bien, vous êtes ainsi mais vous avez été méchants alors sanction !!" On est dans une belle perspective de futures générations d'adultes !!!!!!!

 

 

Texte que vous pouvez retrouver sur le site du monde.fr du 26/08/2010 :

Les "violences verbales" feront désormais l'objet d'une procédure disciplinaire, a annoncé le ministre de l'éducation nationale, Luc Chatel dans Le Figaro de jeudi 26 août. "L'idée est qu'il ne faut jamais laisser se perdre la riposte de l'institution", a déclaré le maire de Chaumont, après avoir réuni mercredi les "équipes mobiles de sécurité", dispositif mêlant personnels de l'éducation nationale et de la police.
 

"D'un autre côté, il faut que l'exclusion – de la classe ou de l'établissement – retrouve son caractère exceptionnel. Et nous supprimons les exclusions temporaires de l'établissement de plus de huit jours, qui participent au décrochage scolaire", a-t-il ajouté.

 

Ces dispositions vont s'inscrire dans le cadre de la refonte des sanctions que le ministre présentera le 23 septembre au Conseil supérieur de l'éducation (CSE) et qui feront l'objet ensuite de deux décrets.

 

COMMISSION DE VIE SCOLAIRE

Pour gérer les conflits quotidiens, "nous institutionnalisons la commission de vie scolaire", a aussi annoncé le ministre. "Le chef d'établissement la préside et en choisit les membres. Elle examine la situation d'élèves au comportement inadapté et y apporte une réponse éducative. Dans les cas les plus graves, ces commissions pourront se tourner vers les établissements de réinsertion scolaire que nous créons à partir de cette rentrée. Les élèves les plus difficiles y seront accueillis pour au moins un an", a-t-il expliqué.
 

"Parallèlement, nous voulons développer les sanctions alternatives, comme les mesures d'utilité collective. Le but est que les élèves prennent conscience de la gravité de leur acte et réparent. Cela peut prendre la forme d'une activité de solidarité ou de formation au sein d'une association, ou d'une réparation à l'intérieur de l'établissement", a ajouté M. Chatel.

AFP

Publié dans REVUE DE PRESSE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C

A mon sens, ce qui est dommage c'est qu'on confond l'éducation qui est de la responsabilité des parents et l'instruction qui relève des professeurs. Même si je comprends fort bien que ce soit en
partie incontournable, à mon sens, il n'est pas du rôle de l'école de faire l'éducation des enfants. Si un professeur doit se concentrer sur des problèmes d'autorité, comment peut-il être
disponible pour s'adapter aux processus de compréhension de chaque élève ?
D'un autre côté, comment expliquer à un jeune que s'instruire est une chance, s'il est convaincu que cela ne lui permettra pas d'accéder à une vie meilleure ?
Cruel dilemme.
Bonne journée.


Répondre
Ê


Oui en effet, les professeurs ont la partie instruction et les parents, la partie l'éducation, mais tout n'est pas si simple et l'enfant en face est un tout. Un enfant, un jeune n'est pas
compartimenté... Il est encore moins segmenté et c'est aussi en partie pour cela qu'il ne se retrouve pas car en face de lui, nous sommes une multitude d'adultes qui lui répondons : "ça mon p'tit
gars, ce n'est pas à moi de te le dire ou faire...". Alors que si nous étions en mesure de lui renvoyer que nous sommes tous d'accord que parfois les apprentissages ne sont pas faciles pour
certains mais qu'ensemble on devrait y arriver, peut-être aurons-nous fait un grand pas... ou encore que telle attitude n'est pas compatible en collectivité et ainsi parents comme professeurs
pourront réellement co-produire ensemble et cesser de penser que nous pouvons y arriver tout seul. Tant qu'il y aura un mur entre les professeurs et les parents, ce sont les enfants et/ou les
jeunes qui subiront nos propres incohérences...