Une vingtaine d'internats pour élèves "perturbateurs" à la rentrée ...

Publié le par être parent tout simplement

Le Point.fr 13/07/2010

La vingtaine d'internats pour collégiens et lycéens les plus durs dont Nicolas Sarkozy a annoncé lundi soir l'ouverture accélérée à la rentrée, suscite le scepticisme des chefs d'établissement qui doutent de leur efficacité en terme de réinsertion scolaire.

 

La vingtaine d'internats pour collégiens et lycéens les plus durs dont Nicolas Sarkozy a annoncé lundi soir l'ouverture accélérée à la rentrée, suscite le scepticisme des chefs d'établissement qui doutent de leur efficacité en terme de réinsertion scolaire.

 

Une "vingtaine" de ces "établissements adaptés de réinsertion scolaire", vont être créés "dès la rentrée prochaine", dont deux en Seine-Saint-Denis, selon le chef de l'Etat, alors qu'il en était prévu jusqu'alors une dizaine à l'horizon 2011.

 

Le premier objectif est d'accueillir les élèves "perturbateurs" de 13 à 16 ans "dont personne ne veut et qui mettent la pagaille dans les établissements" ordinaires les plus difficiles, ce qui est "injuste vis-à-vis des autres", a dit lundi le président, qui s'exprimait sur ce sujet pour la troisième fois.

 

Le second est de réinsérer scolairement ces jeunes, avec "une pédagogie qui mettra l'accent sur l'apprentissage de la règle, le respect de l'autorité et le goût de l'effort", du sport "tous les après-midi" et "la découverte des métiers", avait indiqué Nicolas Sarkozy le 5 mai.

 

"L'objectif est de les récupérer, pour qu'au bout d'un an, ils puissent retourner dans une classe normale", a précisé mardi à l'AFP l'inspecteur d'académie de la Seine-Saint-Denis, Daniel Auverlot.

 

Dans ce département qui compte en moyenne 900 collégiens exclus par an, dont 150 exclus deux fois et souvent déscolarisés, les internats "accueilleront, certainement à partir de la Toussaint, des élèves entre 13 et 15 ans poly-exclus, c'est-à-dire exclus au moins deux fois", a-t-il détaillé.

 

Le personnel sera composé de professeurs volontaires de l'Education nationale, d'éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et de volontaires du nouveau service civique.

Interrogé mardi par l'AFP, le ministère de l'Education n'était pas en mesure de préciser la localisation des quelque 20 internats, ni le mode de recrutement des jeunes.

 

Ces structures devraient combler un manque, selon Nicolas Sarkozy, entre les établissements dits "fermés" où sont placés sur décision judiciaire les mineurs ayant commis des délits, et les dispositifs relais (classes et ateliers) qui accueillent temporairement en milieu ordinaire des élèves en difficulté.

 

Grâce à ces dispositifs, qui concernaient en 2007-2008 7.900 élèves, 77% des élèves qui y sont passés ont été rescolarisés en collège, 9% en lycée professionnel et 10% en centre de formation d'apprentis (CFA), selon le ministère. Pour 1 à 2%, il n'a pas été trouvé de solution.

 

En revanche, les chefs d'établissements doutent de l'efficacité, en terme de réinsertion scolaire, des internats promus par le chef de l'Etat.

"Il est certain que des élèves, souvent des collégiens, posent des difficultés récurrentes", a réagi à l'AFP Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN, principal syndicat des chefs d'établissement.

 

Les placer en internat, "cela va atténuer les difficultés qu'ils posent à des établissements ordinaires, car ceux-ci ne disposent plus des moyens de les prendre en charge. Mais est-ce que grouper ensemble dans une structure spéciale des gens tous en difficulté peut être la solution ?", s'est-il interrogé.

 

"La suite le dira, mais on peut être sceptique, car on les met à l'écart, on crée un milieu à risques, et l'histoire montre qu'il n'y a eu que des échecs en la matière", a-t-il ajouté, citant l'exemple des "colonies d'enfants difficiles" fermées au cours du XXème siècle.

 

"Tout ça, ce sont des idées très anciennes qu'on essaie de réacclimater. Ce serait une grande première si ça réussissait", a conclu M. Tournier.

 

Publié dans EDUCATION NATIONALE

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