Après l'annonce des jardins d'éveil... un bilan mitigé...
Par Tony Fonteneau, le 20/04/2010 à l'express.fr
Expérimentés depuis septembre, les jardins d'éveil devaient soulager les parents privés de mode de garde. Qu'en est-il neuf après?
Les jardins d'éveil sont expérimentés depuis septembre 2009 pour pallier le manque de places en crèche.
Ils étaient censés "favoriser le développement de l'enfant" et palier le manque structurel de places en crèche. Les jardins d'éveil, structures payantes, "mais moins chères que les crèches" insiste la ministre de la famille Nadine Morano, ont ouvert leurs portes en septembre dernier aux enfants de deux à trois ans et demi, pour un accueil ne pouvant excéder 18 mois. Mais alors que 8000 places étaient prévues d'ici 2012, seulement 200 sont pour l'heure disponibles. Un succès mitigé, qui s'explique notamment par le manque d'entrain des collectivités. "Nous ne voulons pas payer le désengagement de l'Etat dans l'éducation des tout-petits!" se défend Gilles Demailly, maire socialiste d'Amiens.
L'école maternelle en danger?
Quel rapport y a-t-il entre ces jardins d'enfants et l'Education nationale? Depuis l'an 2000, l'école publique a perdu 68 000 places jusqu'ici réservées aux enfants de moins de trois ans. Des milliers de postes d'enseignants ont aussi été supprimés. Surtout, certaines déclarations de l'ancien ministre de l'éducation ne passent pas. Xavier Darcos avait en effet affirmé, le 3 juillet 2008, que "la fonction principale" des instituteurs de maternelle étaient de "changer les couches" des enfants et "de leur faire faire des siestes"...
L'école maternelle serait-elle donc toute entière menacée par ces nouveaux ersatz ? "Faux!" jure Nadine Morano, pour qui "les jardins d'éveil n'ont pas vocation à se substituer à l'école maternelle". Faute de soutien de la part des élus locaux, ses structures hybrides n'en restent pas moins au stade de l'expérimentation. L'afflux des demandes ne faiblit pourtant pas, lui, porté par une natalité française toujours aussi vigoureuse.