La fessée bientôt interdite par une loi ?

Publié le par être parent tout simplement

Source LCI.fr
Mes commentaires :  La fessée est bénéfique pour qui ? A t-on le droit de lever la main sur son enfant ? La fessée doit-elle être mise au même niveau que tout autre forme de punition ou correction physique ? Si on part de l'éducation, de cadre, de poser des limites alors on ne peut pas être dans la punition à défaut. En effet qu'est-ce que la fessée si ce n'est pas la solution dernière après moult tentative d'échanges, de paroles... Combien de parents, disent "ne plus en pouvoir", "ne plus supporter cette opposition", " ne plus réussir à se faire respecter"... Un enfant a besoin d'être élevé vers le monde des adultes, d'être hissé vers le haut et non brimé ou qu'on lui dise non à arrêt physique (fessée, martinet,...). Il ne s'agit pas de faire un enfant "envahi par la parole" mais bien de lui donner les raisons pourquoi on ne peut pas toujours dire oui, que dire non c'est l'aider, que dire non c'est le faire grandir et qu'au contraire dire toujours oui, c'est en faire un enfant sans limites et donc sans repères. 
Interview - Dominique Versini, la Défenseure des enfants, souhaite interdire par une loi les châtiments corporels sur les enfants, comme c'est déjà le cas dans de nombreux autres pays.

Dans un rapport présenté ce mercredi devant l'ONU à Genève, vous proposez d'interdire par une loi tout châtiment corporel en France, dont la fessée. Pourquoi ?
Dominique Versini,  la Défenseur des enfants : Je propose que soit inscrit dans une loi l'interdiction des châtiments corporels, que ce soit en famille, à l'école, ou en tous autres lieux. Jusqu'à présent la France ne l'a pas fait de façon formelle. Et, surtout, on s'aperçoit que ce n'est pas un débat qui se réduit à la simple fessée. Il y a des endroits en France où des enfants reçoivent une éducation qui comprend des châtiments corporels qui dépassent largement ce stade. Il me semble qu'à titre pédagogique, si la loi ne dit pas qu'on doit élever ses enfants autrement que par des méthodes violentes, on ne fera pas progresser les méthodes éducatives. Je crois fermement que l'on peut avoir de l'autorité sans pour autant avoir recours à de la violence physique ou morale.
 

Ile de la Réunion : "des méthodes éducatives qui, par tradition, relèvent plus du dressage que de l'Education"

Dominique Versini
LCI.fr : Jusqu'à présent vous étiez pourtant contre l'adoption d'une telle loi, jugeant cela un peu excessif. Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?
D.V. : J'ai changé d'avis lors d'un séjour à l'île de la Réunion, où l'on m'a signalé beaucoup de violences intrafamiliales sur les enfants et des méthodes éducatives qui, par tradition, relèvent plus du dressage que de l'Education. Je pense que si une loi dit clairement que l'on doit élever ses enfants avec amour et fermeté, mais sans violence physique, cela aidera à faire progresser les méthodes éducatives. Il faut aussi que nous ayons un grand débat et une grande campagne de sensibilisation à l'éducation des enfants. Cette campagne s'inscrirait dans celle mise en place par le Conseil de l'Europe qui, d'ailleurs, demande depuis longtemps à la France d'interdire les châtiments corporels, comme cela est déjà le cas dans de nombreux autres pays européens.
 
LCI.fr : où cela ?
D.V. : Dans 18 pays d'Europe. C'est notamment le cas en Suède (ndlr: depuis 1979). Là-bas, ce qu'il y a de très positif, c'est qu'ils ont mis en place dans toutes les mairies des groupes pédagogiques avec les jeunes parents pour  travailler sur la question de l'autorité et les mentalités ont changé.
 
LCI.fr : Si on légiférait sur cette question en France, est-ce que cela voudrait dire que demain un enfant qui se plaindrait d'avoir reçu une tape ou une fessée pourrait assigner ses parents en justice ?
"La loi montrera un cadre d'éducation à suivre"
Dominique Versini

D.V. : On ne peut pas dire les choses comme cela. La loi montrera un cadre d'éducation à suivre. A partir de là, il faudra analyser de quoi il s'agit. Si on est dans le cas d'une petite baffe ou d'une petite fessée, les juges seront faire la différence. On ne dispose pas de chiffres sur la maltraitance mais il y a des enfants qui, plus que la fessée, reçoivent des coups et subissent des paroles violentes ou blessantes. C'est pour eux que je veux que la loi soit claire. La violence intrafamiliale existe, il y a un tabou à lever. 
 

LCI.fr : Autre thème, dans votre rapport vous demandez un débat national sur l'incarcération des mineurs. Pourquoi ?
D.V. : Il va bientôt y avoir une réforme de l'ordonnance de 45 sur la justice des mineurs. A cette occasion on va légiférer pour savoir à quel âge un enfant peut être pénalement responsable, à quel âge il peut être incarcéré. Va se poser la question des peines. Il s'agit d'un sujet extrêmement important. Il faut réfléchir d'abord et avec des professionnels. On ne doit pas être uniquement dans une vision répressive de la justice. Elle doit aussi être éducative. On doit se poser très sérieusement la question de savoir ce que le jeune va faire pendant son temps d'incarcération, pour qu'il prenne la mesure de l'acte commis et surtout qu'il ne recommence pas en sortant. Tous les professionnels sont d'accord pour dire qu'aujourd'hui la prison est tout sauf un lieu de réinsertion.


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Publié dans REVUE DE PRESSE

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